La gazette de Saint Paul de Loubressac (46170)

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 La gazette Saint-Pauloise - histoire de la Commune

 

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L'histoire de la Commune, par Arsène Cazes

 
 

Sommaire

1. LE PECH AIGU   (Præsidium Romain)

 
 


 
le Pech Aigu
 
la Lécune
 église St-Etienne
 école communale
 église Saint-Paul
 naissance de l'USSP

 
à suivre ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Léopold Limayrac : maire de Castelnau de 1854 à 1876, conseiller général de 1856 à 1887, président du Conseil Général du Lot de 1874 à 1876, député de 1871 à 1876. Il a écrit en tant qu'archéologue, enseignant à Montauban, un ouvrage historique sur Castelnau de Vaux paru en 1885 et réédité par l'A.C.C.C.M. au dernier trimestre de 2006, encore en vente à la librairie de Castelnau.
2. præsidium ou présidium : du latin, "lieu défendu par une garnison"
 .

 


 


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"Lou Pech Aigut" serait-il à l'origine de la naissance de Saint-Paul ?

     Des origines romaines 

Nous avons la certitude que ce monticule artificiel a été créé par l'homme lors de l'implantation des Romains en Gaule. Il se situe en parallèle avec notre village et se trouve sur la partie supérieure de la Lupte, route de Saint-Barthélémy face à la "Mouline".

A sa base se trouve une ancienne carrière d'arène légèrement aurifère. Cette Serre artificielle est placée de manière à dominer et surveiller la vallée de la Lupte et  le carrefour routier stratégique du Levat (Paris-Toulouse et Rodez-Moissac via l'Espagne).

L'archéologue Léopold Limayrac1 a écrit dans son livre "Histoire d'une commune et d'une baronnie du Quercy, Castelnau-de-Montratier": "...Ce mont élaboré par les Romains (-56) mesure 25 mètres de haut et porte son altitude à 245 mètres avec 180 mètres de circonférence. De forme ovale, sa plate-forme a 50 mètres de périphérie ...". Le mur qui défendait la partie supérieure du chemin de ronde a disparu, mais le tracé apparaît encore aujourd'hui. 

La Croix du Pech Aigu 

La croix qui domine le sommet n'a rien à voir avec l'histoire gallo-romaine. Elle a été placée à Pâques 1943, sous l'occupation Allemande, par des scouts en voyage sous la conduite de M. Ricros, le curé. 

L'implantation du village

Ce præsidium2 était relié au plateau par un chemin pavé de trente deux mètres de long sur trois mètres de large. Malgré l'érosion du temps, on trouve encore des pierres de pavage dans les broussailles du tracé conduisant à Merliane. Cet observatoire avec guérite et chemin de ronde était alimenté en soldats romains, installés à Laure, commune de Flaugnac, où étaient stationnés en permanence deux milles soldats. Il est probable que la halte et le va et vient de ces soldats destinés au Pech Aigu soient à l'origine de la naissance d'un estaminet, puis ... de la création d'un hameau en cul de sac, pour enfin, peu avant l'an mille, construire une petite église de quarante places, au moment de la christianisation. 

            Voilà pourquoi la construction du Pech Aigu pourrait être à l'origine de l'implantation de notre beau village. 

                                                                                                                      Arsène CAZES
 

 
 

 

2. Le couvent de La LECUNE (ancien prieuré)

 
 

1° partie

 

 

 

Avant restauration

 

 

 

Etat actuel


De Raymonde de Mazerac aux Clarisses du Pouget

    La Lécune figure sur les anciens écrits sous le nom de "La Cune". C'est un prieuré du haut moyen-âge dont voici un bref historique. Au XI° siècle, La Lécune était un monastère dirigé par Raymonde de Mazerac, originaire de Saint Jean de Mazerac, commune de Puylaroque. Par la suite, elle avait revêtu l'habit des parfaites et des parfaits, nouvelle religion chrétienne dissidente, celle des "Albigeois", dits : les Cathares.

    Pendant cinq ans elle soutiendra la religion cathare en plein développement. A l'Inquisition, elle fut poursuivie comme hérétique et relapse, car elle hébergeait des Albigeois poursuivis.(1)

    En 1321 le monastère passe sous la direction des Clarisses du Pouget à Castelnau des Vaux. En 1668, pour répondre à une enquête du diocèse de Cahors, la mère supérieure déclare que ce monastère aurait été fondé par Charlemagne (?) ...
     

Alice et Blanche de Valsergue

    Revenons après la guerre de Cent ans, où le monastère est repris en main par Alice de VALSERGUE, 'Dame de Saint Paul". Cette dernière fit appel, avec le seigneur du château voisin, à la main-d'oeuvre de l'Auvergne d'où sont sorties les familles de La Bouffie (La Boufio), et de Le Franc (Lou Fronc).

    En 1470 le prieuré est vacant. En 1760 il reste peu de Soeurs dans cet établissement. Jusqu'à cette date le monastère des Chanoinesses régulières de Saint-Augustin existera. C'est pendant cette période que le prieuré sera confié à Blanche de Valsergue par une bulle du pape Paul II. Lorsqu'il ne restera que deux soeurs, le monastère fermera ses portes. L'une ira à Lissac, et l'autre à Vic (d'après l'abbé Albes). Depuis 1823, date du cadastre de Napoléon I°, la disposition du prieuré est restée inchangée jusqu'en 1997-98, où Mr Maurice Cubaynes, le propriétaire, le vendra à un Ecossais, Mr Morisson Alaster.

    Le nouveau propriétaire entamera aussitôt des travaux de restauration, qui vont donner lieu à une importante découverte archéologique, dont nous donnerons le résumé dans un article de la prochaine édition de la Gazette intitulé : Sépultures Médiévales découvertes à Saint Paul de Loubressac.
     

                                        Arsène CAZES
 

 
 


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1. Avant R. de Mazerac, le prieuré dépendait du monastère de Saint Michel de Charaise du diocèse de Viviers ; il est nommé en 1258 dans la bulle d'Alexandre IV. En 1305 la bulle de Clément V demande l'échange des prieurés. Mais La Lécune restera la possession de Charaise, et ce n'est qu'en 1470 que le pape Paul II confère à Blanche de Valsergue ce prieuré vacant à cause de la guerre. Voici les directions du prieuré connues : 1470, Blanche de Valsergue ; 1590 : Delphine de Labroue dite Abbesse ; 1646 : Antoinette de Roquefeuil ; 1727 : Catherine de Bermoud  (en 1732 on lui interdit de recevoir des novices, et en 1739 un économe est nommé pour gérer les biens). En 1760 il ne reste que deux religieuse à La Lécune.
 

 
   

3. Eglise de Saint-Etienne

 
 

 

 


L'église, le cimetière
et la grotte

 

 


Intérieur de l'église


    Saint Etienne est un hameau aux maisons éparpillées (typique de l'habitat dispersé) ; il fait partie intégrante de la commune de Saint-Paul, tout en étant une paroisse indépendante avec son église.

    Son église auprès de laquelle se trouve le cimetière, légèrement surélevée au milieu du vignoble " des vins des coteaux du Quercy ", appellation contrôlée, de Mr Gisbert Roger, ancien maire de St Paul et ancien conseiller général du canton de Castelnau-Montratier.

    Voici ce qu'en dit l'abbé Clary dans son livre: "Dictionnaire des paroisses du diocèse de Cahors" (imprimerie Tardy Quercy, Cahors, 1986) :

    "... Saint -Etienne prés de Saint Paul, en latin "débono servo ou cervo" - Boncerf. L'église de cette paroisse dépendait de l'archiprétré de Vaux -de-Nevège à la collation épiscopale désignée indépendante vers 1315... "
    On trouve comme recteurs de cette église en 1328 Géraud de la Coste qui succède à Jean Brosses ; en 1338 Bernard de Souquet, puis Hugues de l'église et en 1350 Bernard de la Tour. Plus tard cette église sera annexée à celle de Lamolayrette, unie avec elle aux églises de Ganic et de Saint-Julien-Cap de Pech.

    L'église actuelle date du XIIIème siècle, elle a été agrandie et restaurée au XIXème peu avant la révolution. Des chapelles ont
    été ajoutées en 1850. Le clocher sera construit plus tard en 1886,
    mais le sanctuaire garde un cachet d'antiquité imprécise. 

     

    Exemples de modillons (extérieur de la nef,
    côté cimetière) qui témoignent de
    l'ancienneté de la construction

Les seigneurs de l'époque

La seigneurie de Saint-Etienne relève du Baron de Castelnau-Montratier. Parmi les seigneurs directs on trouve les De Malmont, puis les Laparéde.
Le prieuré de la "Lécune" était sur les terres de la paroisse de Saint-Etienne. Blanche de Valsergues, soeur du seigneur de Saint-Paul rendit aux Chartreux de Cahors, la dîme de cette paroisse. Ce prieuré est présenté par l'abbé Clary comme étant le monastère de Chanoinesses régulières de Saint Augustin. La mère, soeur de ce monastère prétendait qu'il avait était fondé par Charlemagne et dédié à Saint Jean-Baptiste.
La commune de Labouffie-la Madeleine Aussac, fut unie à Saint-Paul le 4 Termidor an VIII.

L'église de Saint -Etienne, comme celle de Saint-Paul n'ont plus de curés permanents et dépendent du canton de Castelnau.

 
 


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4. Naissance de l'école communale de Saint Paul

 
 


    C'est dans la période de l'élection comme "agent municipal" (ainsi désignait-on la fonction de maire) de CAZES Jean-Antoine, domicilié à Saint-Etienne : il fut élu du 4 ventose an VIII (23 février 1800) au 20 messidor (9 juillet 1800). A partir de 1801, il fut élu au moment du rattachement de la commune de Labouffie à Saint Paul, le 7 vendémiaire an IX jusqu'au 1° janvier 1809, ensuite du 27 décembre 1815 au 12 janvier 1826 et du 9 août 1827 au 12 décembre 1848. Durant ces trente ans et six mois de Maire, il réalisa trois choses importantes .
     

La création de l'école communale

    La première fut la mise en application de l'ordonnance royale (de Louis XVIII après les Cent Jours de Napoléon I°), le 16 juillet 1833, art. 10 et 12 avec comme titre : "création d'une école primaire où les enfants des familles pauvres, comme ceux des familles aisées, puissent recevoir l'instruction primaire que la loi assure à tous les français ..."

    Provenant de la demande d'application d'un Roi auprès d'un Maire républicain, cela paraît surprenant. Après délibéré le quorum fut atteint de justesse ; six conseillers ont voté pour : M. Gros, Fournié, Vidal, Cleye, Demeaux et Cazes le Maire. Ont voté contre : le comte d'Armagnac, Marquès le Notable et M. Parayre et Escabasse, plus une abstention. Le vote s'est donc joué à une voix. Et l'école communale venait de naître.

La réparation de l'église de Saint Paul

    La deuxième fut la réparation de l'église de Saint Paul et deux achats importants : la confection et la pose d'une chaire en noyer premier choix et l'achat d'un tabernacle admirablement sculpté (le tout malheureusement détruit à la fin du XX° siècle lors d'un réaménagement intérieur de l'église par le curé de la paroisse). C'est ce maire, Jean-Antoine Cazes qui le 14 mai 1840 dans une réunion du Conseil fit voter un crédit de 374 francs pour ces deux achats : une cathèdre (chaire) avec son chapiteau et un tabernacle sculpté.

Le fonctionnement de l'école communale

        Enfin, ce même jour en délibéré il fit voter :
    - le traitement de l'instituteur, soit une somme de 200 francs
    - une somme de 60 francs pour le loyer de la maison de la 1ère école pour tous
    - la participation aux contributions des parents d'élèves, fixée comme suit :

        * pour ceux qui apprennent à lire, 1 franc
        * pour ceux qui apprennent à lire et à écrire, 1.50 franc
        * pour ceux qui apprennent à lire, écrire et compter, 2 francs.

        Il est écrit que "l'instituteur sera tenu de recevoir gratuitement le nombre de dix enfants de familles pauvres, dont le tableau sera proposé au vote général de la commune pour 1841 ..."
     

Augmentation du centime additionnel

    Mais pour subvenir à ces dépenses, le conseil Municipal vote une augmentation de trois centimes du centime additionnel, sur les contributions foncières personnelles et mobilières des portes et fenêtres ainsi que des patentes. Au grand mécontentement du comte d'Armagnac et de ceux qui avaient voté contre, lesquels s'empressèrent de faire boucher nombre de portes et fenêtres jugées inutiles. On en trouve encore les traces sur les vieux murs du Château qui ont servi à bâtir l'église.

Ainsi notre école communale venait enfin d'être créée, mais de justesse ...
 

 
 


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5. Eglise de Saint Paul

 
 



Eglise de Saint Paul
sous la neige

 

 

 

 

 

 

 

 

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La voûte octogonale et
les piliers qui la supportent
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    L'église de Saint Paul, une merveille architecturale méconnue

      Les premières églises de Saint Paul et de Flaugnac ont vu le jour dès la christianisation, sous l'occupation romaine. Elles étaient toutes bâties sous la même forme : bâtiment de plain-pied rectangulaire, grande porte d'entrée à double-battant en arc romain, et l'arrière de l'église en "cul-de-four", là où à l'intérieur se situe le choeur ou le transept. Elles n'étaient pas encore munies de clocher.
       

    La nouvelle église de Saint Paul

    Aujourd'hui la nouvelle église de Saint Paul, juchée sur la serre parallèle au poste de guet du "Pech-Aigut", ressemble extérieurement à une énorme grange à laquelle on a ajouté une tour carrée servant de clocher. "Eglise sans importance", me direz-vous ? Alors pourquoi vient-on de l'étranger (1) pour visiter l'intérieur que l'on prétend être unique en France ? Il n'en existerait que neuf semblables en Europe !
    L'ancienne église, que je désignerais plutôt comme chapelle dépendante du château, était depuis fort longtemps trop petite dès que Saint Paul fut uni à Labouffie-Aussat en 1801. C'est le maire Pierre Bort, de Tanavère, qui donnera l'autorisation au Comte d'Armagnac et son épouse Alhios, domiciliés à Cahors, de vendre - au prix de 5000 francs - le château en ruines à la communauté catholique pour en faire une église. La nouvelle église sera aussitôt construite sur le quadrilatère du château. Seul le mur du Nord sera entièrement conservé, avec ses deux appuis de fortification. La porte d'entrée sera celle de l'ancienne église, dont la pierre servira à construire la nouvelle aux environs de 1868-70. On ignore le nom de l'architecte ; les ouvriers étaient des "compagnons" du Tour de France.

    Un rotonde à voûte octogonale

    Ce sont eux qui ont réalisé ce chef-d'oeuvre de rotonde à voûte octogonale, que l'on prétend être rare sinon unique en France(2). Huit merveilleuses et élégantes colonnes supportent cette voûte exceptionnelle. Ici à Saint Paul, la voûte recouvre la totalité de l'emplacement prévu pour recevoir cent cinquante personnes. Il est difficile de s'apercevoir que derrière chaque colonne a été bâti un vrai contrefort en pierre qui - d'après notre Canadien(1) - rend la voûte indépendante et indestructible ; et le Canadien d'ajouter : "... vous pourriez enlever la toiture et les quatre murs de l'église que la coupole resterait stoïquement en place !". C'est cette voûte octogonale qui nous vaut la visite de nombreux curieux venus de l'extérieur.

    Certes, il y avait aussi un souterrain qui reliait le château à l'ancienne église, afin que les dames châtelaines n'aient pas à passer à l'extérieur pour aller faire leurs dévotions. En 1938-39, Louis Cammas, Gaston Cazes, Gaston Hugon le forgeron et M. le curé Salles ont soulevé une dalle du sol à droite de la deuxième sacristie, mettant ainsi au jour ce souterrain. Avec prudence ils ont fait descendre deux gamins qui jouaient sur place, Jean Gardes et Arsène Cazes (ce dernier était enfant de choeur). Munis d'une lampe acétylène et attachés sous les bras par une corde, nous descendîmes à tour de rôle. Nous découvrîmes un couloir obscur, humide et gluant, avec quelques pierres éparses abandonnées. M. Salles, le curé, ordonne de nous remonter aussitôt et surtout de ne pas ébruiter cette découverte. Il fit remettre en place la dalle.

    Non loin de là, on trouve le dessin d'une croix géante au sol, réalisée en pierres du pays qui tranchent par leur blancheur au centre du pavement.

    Ainsi, si ce vieux château transformé en église ressemble aujourd'hui à une énorme grange dominant le village, il n'en cache pas moins une merveille architecturale insoupçonnée et ignorée de la plupart des habitants.

 

 
 


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(1) Au printemps dernier, un jeune historien en poste à Montréal m'était présenté (pour que je lui serve de guide à la visite de l'église) par M. Paméla et Edouard Griswood, ressortissants anglais propriétaires à St Paul.
(2) [ndlr] Il existe une petite chapelle, l'Octogone de la Maison-Dieu à Montmorillon (Vienne), construite sur le même principe de la voûte octogonale, et surmontée à l'extérieur d'un lanternon ; il ne s'agit pas  là d'une église, mais d'une simple chapelle de cimetière renfermant un ossuaire et une salle de prière. Cette construction originale, qui fait partie d'un ensemble classé "monument historique" et daté du XII° s., se présente comme unique en Europe et aurait été édifiée sur le modèle de la rotonde du Saint Sépulchre à Jérusalem.
( >>> voir photo de la voûte octogonale - de la chapelle de la Maison-Dieu)

 
   

 

 
 

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